ProTeam Philippe Gilbert renonce au Tour des Flandres et prend une pause

Il s'accorde le repos nécessaire, physiquement et mentalement.
Général 29 mars 2021

Après un Milan-Sanremo décevant et ses abandons à l'E3 Saxo Bank Classic et à Gand-Wevelgem, le vainqueur du Tour des Flandres 2017 s'accorde une période de repos nécessaire, tant physiquement que mentalement. Gilbert espère être de retour pour les classiques ardennaises, mais rien n’est certain à l’heure actuelle.

« On a décidé avec l’équipe que j’allais prendre une période de repos dès à présent parce que ça ne va pas du tout », explique Philippe Gilbert.  « Ça fait déjà quelques semaines que ça ne va pas. On a pris le temps d’analyser un peu tout ce qu’on pouvait analyser et la meilleure explication est que je manque de fraicheur, sur le plan mental et physique. Je pense que c’est dû à tout le travail que j’ai effectué après ma chute dans le Tour de France l’année passée. Je reste humain. J’ai beaucoup travaillé, sans jamais vraiment me reposer, parce que les semaines où je ne faisais pas de vélo, je passais beaucoup de temps chez le kiné, chez les différents spécialistes, etc. Il y a d’abord eu un mauvais diagnostic du genou. On n’a pas réalisé la gravité de cette deuxième chute et elle était finalement beaucoup plus grave que prévu. Peut-être aurais-je dû arrêter ma saison 2020 à ce moment-là. »

« Il faut savoir que le vendredi avant Milan-Sanremo, c’était le premier jour que je pédalais sans douleur au genou. Ça fait donc onze jours aujourd’hui. Cela peut peut-être expliquer ce que je connais actuellement : d’une certaine façon, le corps se relâche après avoir vécu avec autant de douleurs. Je crois que ces derniers mois m’ont demandé énormément d’énergie, le processus de guérison a demandé plus de temps que ce qu’on avait imaginé et je paie maintenant pour tous les efforts fournis. Un autre élément qui a eu son importance je crois est le fait d’avoir beaucoup roulé dans le froid cette année. Cela n’aide pas avec une blessure comme celle-là. »

« Après analyse, je me rends compte qu’au stage de janvier dernier, j’étais, je pense, encore au moins 20 ou 30% derrière la moyenne du groupe. J’ai alors eu une période de doute, surtout parce que je me mettais la pression pour Milan-Sanremo, pour y être prêt. Alors j’ai travaillé encore plus pour essayer de revenir. J’ai bien progressé physiquement depuis ce stage-là, mais tout s’est fait peut-être un peu trop rapidement. Et je le paie maintenant. Au Nieuwsblad, j’ai fait un beau résultat mais c’était plus grâce à mon expérience qu’à mes jambes. Cette saison, je n’ai pas encore été une seule fois au top. Il est temps de faire un pas de côté et cela devrait me permettre de passer le pallier. J’arrive à un stade où ma forme n’évolue plus, je stagne et je n’arrive pas à passer au niveau supérieur. Normalement, chaque année après Tirreno ou après Paris-Nice, je franchis un cap et je reviens plus fort. Ici, je suis resté au même niveau. Le corps n’accepte donc plus la charge de travail. Quand on arrive à ce stade-là, la seule chose à faire est de laisser le corps récupérer de façon naturelle, en prenant du repos. À Paris-Nice, il n’y a pas eu un seul jour où j’avais les jambes pour faire le final. J’étais juste capable de suivre. Dans les courses belges, c’était chaque fois la même chose. Après 150 kilomètres environ, je commence à avoir mal aux jambes. Normalement, c’est à ce moment-là que je peux faire la différence avec les autres. »

Philippe Gilbert décidera plus tard, en concertation avec l’équipe, s’il est envisageable de reprendre la compétition aux classiques ardennaises.

« L’idée est de faire 4-5 jours sans vélo et de reprendre ensuite l’entrainement gentiment. Les classiques ardennaises sont toujours possibles, mais il est encore trop tôt pour parler de choses précises. Je veux avoir le corps et l’esprit à 100% pour pouvoir jouer un rôle dans le final. C’est pour ça que je fais du sport », conclut Philippe Gilbert.

Photo © Facepeeters