WorldTeam Un ancien recordman de l’heure au service de la position idéale des coureurs de Lotto Soudal

"Il faut oser placer le coureur un peu plus haut", dit Lars Teutenberg.
Général 31 décembre 2020

Un ancien recordman de l’heure au service de la position idéale des coureurs de Lotto Soudal

Sommité mondialement reconnue en matière d’aérodynamisme et de bike fitting, Lars Teutenberg  est un ancien coureur professionnel issu d’une famille elle-même passionnée de cyclisme. Son frère et sa soeur ont également été professionnels, tandis que sa fille a elle rejoint le WorldTour féminin en 2018. Après sa carrière, Lars Teutenberg a battu à trois reprises le record de l’heure en vélo couché, également appelé HPV (« Human Powered Vehicle »). En 2002, il a ainsi parcouru 82,6 kilomètres en 60 minutes. La vitesse et l’aérodynamisme sont donc inscrits dans les gênes de l’ancien coureur allemand.

« Après un accident lors de ma première tentative sur le circuit de Zolder en Belgique, j’ai apporté quelques modifications au véhicule et j’ai retenté l’aventure à trois reprises sur un autre circuit. A chaque fois, cela mettait en lumière le rôle crucial que joue l’aérodynamisme », se souvient Lars Teutenberg.

« J’étais obsédé par l’aérodynamisme et j’essayais toujours de penser de manière innovante. Il y a toujours quelque chose de nouveau à apprendre, que ce soit au contact des gens impliqués, sur le vélo en lui-même, sur les éléments qui constituent le vélo, sur les différents aspects de l’inertie, etc. L’apprentissage est permanent. »

Grâce à sa grande expérience, le spécialiste allemand de 50 ans pourra sans aucun doute aider les coureurs de Lotto Soudal à trouver leur position idéale sur le vélo.

« J’ai moi-même appliqué tout ce que j’ai pu apprendre durant ma période en HPV. Sur la piste, j’étais l’un des premiers à utiliser le même cockpit que LeMond au Tour de France, aujourd’hui devenu tout à fait standard. Peu après, tout le monde s’y est mis. J’utilisais déjà des pneus à chambre à air avant que d’autres coureurs ne le fassent. Je crois que Tony Martin a été le premier à devenir champion du monde de contre-la-montre avec des chambres à air. Par la suite, il a toujours gagné sur chambres à air. Encore une fois, c’est devenu plutôt standard de nos jours. Il y a quinze ou vingt ans, elles n’étaient utilisées qu’à l’entraînement. La plupart des pros pensent toujours que les chambres à air ne sont bonnes que pour les vélos de ville. L’évolution de la roue est particulièrement intéressante. Sa forme est restée la même, mais tout le reste a connu d’importants changements ces vingt dernières années. »

Teutenberg a fait de sa passion son métier. « Quand j’étais toujours coureur, je faisais déjà des tests pour d’autres coureurs et équipes. Au départ, c’était surtout pour Jan Ullrich. En 1994, j’ai fait mes premiers tests pour SRM, où on a placé mon vélo couché en soufflerie. Par la suite, j’y suis retourné pour d’autres équipes car je connaissais déjà la façon de travailler. Une fois ma carrière terminée, je suis devenu responsable technique chez T-Mobile. L’équipe est ensuite devenue High Road, et c’est à ce moment-là que j’ai rencontré Maxime Monfort. »

Monfort, Performance Manager de Lotto Soudal, avait remporté le titre national de contre-la-montre durant cette période. Depuis lors, les deux hommes sont toujours restés en contact.

« Nous faisons actuellement quelques tests préliminaires à Hasselt lors des meetings de l’équipe, mais de plus amples essais sur piste seront bientôt réalisés. Nous disposons d’excellents vélos de chez Ridley mais en matière de bike fitting, l’interaction entre le pneu et la roue est plus importante. Il y a un énorme potentiel dans les skinsuits également, la marge de progression est encore grande à ce niveau-là. Cependant, je dois dire que Lotto Soudal a déjà fait du très bon boulot. Pour les coureurs les plus expérimentés, seuls quelques petits changements de position seront nécessaires. Certains coureurs souffrent eux d’un problème spécifique que nous essayerons de régler grâce à des solutions personnalisées. Après, il y a les nombreux jeunes coureurs de l’équipe… Il reste beaucoup à faire pour eux, car ils ne sont jamais passés par là auparavant. »

« La chose la plus importante est d’oser placer le coureur un peu plus haut. Quand un coureur est, par exemple, 5 centimètres plus bas, on peut obtenir un gain de deux à trois minutes sur une heure de temps. C’est énorme. Mais beaucoup de coureurs sont déjà un peu trop bas. Maintenant, je place beaucoup de coureurs un peu plus haut pour qu’ils puissent fournir plus de puissance et la position est plus tenable pour eux. Après quelques ajustements sur leur nouvelle position, ils reçoivent tous un peu de travail à faire chez eux. Ensuite, mon rôle est de trouver le bon équilibre. On peut mesurer l’aérodynamisme, mais celui-ci dépend en grande partie de la morphologie de chacun. Il est difficile de dire de manière scientifique qu’une certaine position conviendra forcément à un coureur. L’aérodynamisme est très complexe, beaucoup de facteurs invisibles rentrent ligne de compte. En ce qui concerne la puissance générée, on se base principalement sur le feedback du coureur. Tous les petits détails s’additionnent et peuvent mener à de grandes améliorations. L’écart entre les équipes est de plus en plus petit, c’est pour cela qu’on est là. »

Prochaine étape pour les coureurs de Lotto Soudal : une séance de tests sur la piste de Valence lors du stage de janvier.